En tant qu'anthropologue, et quelqu'un qui a passé beaucoup de temps à étudier les mythes, il m'est souvent évident lorsque deux structures narratives sont des versions l'une de l'autre, lorsque l'une est construite sur l'autre, ou lorsque les récits se reflètent comme différentes variations de la même forme. La méthode d'analyse des mythes de cette manière a été perfectionnée par Claude Lévi-Strauss, un anthropologue juif qui a commencé par examiner les mythes des peuples tribaux voisins en Amérique du Sud et dans l'Amazonie. Dans un mythe, par exemple, un fils pourrait tuer son père, grimper à un arbre et être emporté par des vautours. Dans un autre, une mère pourrait cacher un enfant, voyager dans le monde souterrain et vivre parmi des jaguars. Maintenant, lorsque je regarde l'appropriation antisioniste de l'expérience palestinienne—celle qui reconstruit "la Palestine" comme une histoire d'exil, de retour et de réintégration d'une unité romantisée, que ce soit de la nation arabe ou de l'Umma islamique, restaurant le droit de conquête arabe et islamique—il m'est impossible de ne pas voir une version, ou une appropriation, de l'histoire juive d'exil, de retour et d'unité : le rassemblement des exilés dans la Terre promise. Pour l'œil d'un anthropologue structural, cela est simplement évident. Et pourtant, la littérature antisioniste efface systématiquement cette histoire juive et cette vision de la Terre d'Israël, agit comme si elle n'existait pas, ou comme si elle était intrinsèquement illégitime—même si elle est historiquement et textuellement antérieure au récit antisioniste. Ce qui est en jeu, alors, est une forme d'effacement culturel, de substitution et de supersession. L'histoire antisioniste vole l'histoire juive et tente de la retourner contre le peuple juif lui-même.